Dans le cadre de la préparation du Bénin au 3ᵉ cycle d’évaluation mutuelle et la consolidation de la sécurité du secteur financier, la Centif-Bénin renforce les capacités des responsables conformité du secteur de la microfinance. À la suite des progrès notables réalisés par le Bénin lors des dernières évaluations nationales et mutuelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive (Lbc/Ft/Fp), le pays s’engage activement dans la préparation du troisième cycle d’évaluation mutuelle, prévu à l’horizon 2028.

Dans cette perspective, la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif-Bénin) a initié une série de quatre ateliers de formation à l’endroit des acteurs du secteur de la microfinance, avec un accent particulier sur les responsables conformité. Ces sessions visent à renforcer les capacités opérationnelles des participants face aux exigences accrues du dispositif national et international de prévention des flux financiers illicites.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SecFin, dédié à la lutte contre les flux financiers illicites. Financé conjointement par la France, l’Allemagne et l’Union européenne à hauteur de 46,5 millions d’euros sur une période de quatre ans, ce programme apporte une assistance technique à plusieurs pays africains, dont le Bénin et le Nigéria, en vue de leur préparation aux évaluations mutuelles.

À l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’Apsfd-Bénin, Ignace Dovi, a salué l’engagement constant des autorités publiques en faveur du développement et de la structuration du secteur de la microfinance. Il a, au nom des institutions de microfinance (Imf), réaffirmé leur détermination à se conformer rigoureusement aux exigences réglementaires en vigueur. Intervenant à son tour au nom du Président de la Centif, le Secrétaire général de la Centif-Bénin, Wilfried Houédokou, a mis en exergue le rôle stratégique du secteur de la microfinance dans le dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites. Tout en reconnaissant sa contribution essentielle à l’inclusion financière, il a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue et d’une application stricte des mesures de prévention. Il a également rappelé que le secteur dispose d’un délai de 18 mois pour corriger les vulnérabilités identifiées avant l’évaluation mutuelle.

La cérémonie d’ouverture officielle a été présidée par le Directeur général de l’Anssfd, Philippe Dahoui. Dans son allocution, il a souligné que cette initiative intervient dans un contexte particulier, marqué par la mise en conformité du secteur avec la loi n°2025-14 du 2 juillet 2025 portant réglementation de la microfinance. Il a précisé que la désignation des responsables conformité ne saurait se limiter à une exigence formelle. Ceux-ci doivent être dotés de dispositifs complets, efficaces et adaptés, leur permettant d’assurer pleinement leurs missions. Il a également annoncé une évolution du mode de supervision, désormais orienté vers un contrôle plus rigoureux, l’accompagnement laissant progressivement place à une exigence accrue de résultats. À cet effet, l’Agence nationale a renforcé ses capacités internes, notamment à travers la formation de ses superviseurs à la détection des insuffisances.
Par ailleurs, la réglementation en vigueur impose aux institutions de microfinance d’allouer des ressources adéquates à la fonction conformité. Les rôles et responsabilités des différentes parties prenantes ont été clairement rappelés au cours des travaux.
Pour garantir la qualité des formations, trois experts de haut niveau ont été mobilisés :
• Mariette Fadikpe, experte en prévention pour l’Afrique de l’Ouest au sein de SecFin Africa ;
• Josué Toho, consultant spécialisé en inclusion financière, supervision bancaire et Lbc/Ft/Fp ;
• Benoît Djossou, expert-comptable, spécialiste de la Lbc/Ft/Fp et responsable conformité à l’Anssfd.

Grâce à l’expertise de ces formateurs, les participants bénéficieront d’outils pratiques et de connaissances actualisées, en adéquation avec les enjeux du secteur. L’objectif est clair : renforcer durablement la conformité des institutions de microfinance, prévenir les risques de sanctions et consolider la crédibilité ainsi que la résilience du système financier béninois.
