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Systèmes Financiers Décentralisés du Bénin
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Le Bénin dispose d’une Politique de Développement de la Microfinance. Elle a été adoptée par décret en décembre 2007 marquant l’aboutissant d’un processus entamé depuis 2000.

Résumé du Document de Politique de Développement de la Microfinance au Bénin :

Contexte

Le Bénin a une superficie de 115.762 km² et une population, estimée en 2006 à 7 millions d’habitants, soit une densité de 60,47 habitants/km². Le Bénin est limité à l’Est par le Nigeria, à l’Ouest par le Togo, au Nord par le Niger et le Burkina Faso et au Sud par l’Océan Atlantique. Cotonou est la capitale économique alors que la capitale politique est Porto-Novo.

Les réformes de politique économique engagées depuis les années 90 avec le concours des partenaires au développement ont visé l’amélioration de l’environnement macro-économique, la restructuration des entreprises publiques en faillite, la privatisation, la réforme du secteur agricole, l’amélioration et le renforcement de la gouvernance et la lutte contre la pauvreté

Si de façon globale, les objectifs visant au rétablissement des grands équilibres macroéconomiques ont été atteints, la situation socio-économique des béninois n’a pas été sensiblement améliorée. Le taux de croissance du PIB a régressé passant de 5% entre 1995 et 2003 à environ 3,5% en 2005. Le Bénin vit actuellement une baisse significative de l’activité du port de Cotonou, un effondrement de la production du coton (monoculture d’exportation) et continue d’importer des produits alimentaires malgré d’importantes potentialités agricoles.

Le Rapport Mondial sur le développement humain de 2006 classe le Bénin au 163ème rang sur 177 pays selon l’Indice de Développement Humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Pour améliorer la croissance économique, réduire de façon significative la pauvreté et créer des emplois, les nouvelles autorités issues des élections de mars 2006 ont engagé une stratégie de développement fondée sur 4 axes : (a) les réformes de l’administration publique, (b) la politique macro-économique et les réformes structurelles nécessaires, (c) la politique de développement à la base (décentralisation et financement décentralisé) et (d) une attention particulière à la jeunesse et aux femmes.

La libéralisation financière, intervenue au cours des années 90 a eu deux effets majeurs : (i) la contribution à une meilleure accessibilité des micro, petites et moyennes entreprises aux services financiers et (ii) une prise en compte des besoins des populations pauvres et à faibles revenus par des institutions de microfinance. Le nombre de banques est passé de sept (7) en 2003 à douze (12) en 2007 alors que celui des institutions de microfinance se chiffrait à sept cent soixante deux (762).

Etat du secteur de la microfinance : contraintes, atouts et opportunités

Le secteur de la microfinance apparaît comme un sous-secteur du secteur financier dynamique, relativement important et de plus en plus articulé au secteur bancaire. En 2003, sa part de crédits à l’économie était estimée à 15%. Au 31 décembre 2005, selon les données de la Direction de la Surveillance, le secteur de la microfinance présentait les principales données suivantes :

  • 3 types d’institutions : mutuelles d’épargne et de crédit au nombre de 18, institutions non mutualistes au nombre de 6 et des ONG et Projets à volets crédit conduisant 25 opérations
  • 762 systèmes financiers décentralisés pour environ 1300 points de services ;
  • un nombre de bénéficiaires (membres et usagers) atteignant 685.000 ;
  • 40 milliards FCFA en dépôts ;
  • 85 milliards FCFA en encours de crédits pour environ 130.000 clients ;
  • un taux de créances en souffrance de 7,1%.

La plus forte croissance de la clientèle des IMF est intervenue en 2002 (25%) avec une évolution moyenne de l’ordre de 10% les autres années. En matière de mobilisation d’épargne et de conquête de marché, la FECECAM reste le leader. En effet, ce réseau concentre 95% de l’encours d’épargne avec plus de 60% de la part du marché du secteur.

En termes de fourniture de services financiers (notamment épargne et crédit), des résultats obtenus, de sa diversification et de son articulation avec le secteur bancaire, le secteur de microfinance du Bénin occupe maintenant la première place dans l’Union Monétaire et Economique Ouest Africaine (UEMOA). Ce sont là des points forts qui ont contribué aux performances de ce secteur, lesquelles ont poussé des banques commerciales à s’impliquer directement dans les activités de microcrédit (Financial avec FINADEV) et indirectement (Société Générale, Ecobank et BOA).

Cependant, malgré cette formidable expansion au cours de ces dernières années, le secteur est confronté à des dysfonctionnements internes et à des défis susceptibles de freiner son développement et son intégration au secteur financier.

Mais la diversité d’institutions offrant une gamme diversifiée de services et produits et leur professionnalisme, le dynamisme de l’association professionnelle et l’engagement de l’Etat et des partenaires au développement constituent des atouts pour de futurs investissements.

Vision de développement

A ce stade de son évolution, les principaux acteurs du secteur de la microfinance du Bénin s’accordent, pour les années à venir, sur la vision suivante : "Le Bénin dispose d’un secteur de microfinance professionnel, viable, intégré au secteur financier et contribuant efficacement à l’accès aux services financiers pour tous d’ici à 2015."

Objectifs et finalité

L’objectif de développement est de favoriser l’accès à des services financiers viables et durables à une majorité des ménages pauvres ou à faibles revenus et des micro - entrepreneurs sur l’ensemble du territoire d’ici à 2015, grâce à des IMF pérennes et pleinement intégrées au système financier.

L’accès accru et pérenne aux services financiers contribuera à la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’emploi. Il devra permettre aux ménages et aux entrepreneurs d’améliorer leurs revenus et leurs conditions d’existence.

Axes stratégiques

Axe 1 : L’environnement légal, réglementaire et institutionnel est renforcé dans un sens favorable au développement sécurisé du secteur ;

Axe 2 : Les capacités de l’industrie de la microfinance sont renforcées en vue de sa professionnalisation ;

Axe 3 : La finance rurale est promue en vue d’assurer une meilleure couverture du territoire national ;

Axe 4 : L’accès des IMF aux ressources financières est renforcé par la mise en place de mécanismes qui assurent une pleine intégration de la microfinance au secteur financier.

   
   

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